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Dix ans après le Brexit : quel bilan ?

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Il y a tout juste 10 ans, les Britanniques votaient en faveur du Brexit. Dix ans plus tard, leur Premier ministre vient une nouvelle fois de quitter ses fonctions. Coïncidence ? Pas vraiment.

Pourquoi c’est important ? D’après Bloomberg, la sortie de l’Union européenne coûterait chaque année près de 30 milliards de livres de recettes fiscales au Royaume-Uni. Sans le Brexit, l’économie britannique afficherait aujourd’hui un PIB supérieur de 2 à 4 %. L’opinion publique a d’ailleurs largement évolué : 57 % des Britanniques considèrent désormais que quitter l’UE était une erreur, alors qu’ils étaient 52 % à voter pour en 2016.

Sur le terrain, les effets se sont notamment fait sentir dans la City de Londres, le principal centre financier du pays. Entre 7 000 et 40 000 emplois auraient été transférés vers d’autres places financières, principalement Paris et Francfort. Un chiffre conséquent, mais finalement bien inférieur aux prévisions les plus pessimistes : Xavier Rolet, alors à la tête du London Stock Exchange, évoquait jusqu’à 200 000 suppressions de postes.

Mais les conséquences du Brexit ne se limitent pas à l’économie. Depuis le référendum de 2016, le Royaume-Uni a connu une instabilité politique inédite. En dix ans, six Premiers ministres se sont succédé, et les trois derniers ont tous quitté leurs fonctions avant d’avoir atteint trois ans au pouvoir.

Une telle rotation au sommet de l’État n’avait plus été observée depuis près de deux siècles. Le Brexit y a largement contribué : entre 2016 et 2021, la sortie de l’Union européenne a monopolisé l’action du gouvernement, mobilisant une grande partie des ressources politiques et administratives autour d’un chantier d’une complexité exceptionnelle et d’attentes souvent irréconciliables.

Résultat : pendant plusieurs années, les principaux débats politiques se sont concentrés sur le Brexit, reléguant au second plan de nombreux autres enjeux structurels du pays.

Et dix ans plus tard, la question européenne continue de fracturer la vie politique britannique. Le parti populiste Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a récemment réalisé une percée historique lors des élections locales. Farouchement opposé à tout rapprochement avec Bruxelles, Farage qualifie de « trahison » les initiatives du Premier ministre Keir Starmer visant à renouer les liens avec l’Union européenne.

À l’inverse, Andy Burnham, souvent présenté comme l’un des principaux prétendants à un futur leadership du Parti travailliste, ne ferme pas la porte à une éventuelle réintégration du Royaume-Uni dans l’Union européenne. S’il venait à prendre la tête du parti, le débat sur l’avenir des relations avec Bruxelles pourrait rapidement revenir au premier plan.

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