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Total Energies et Nvidia : faut-il acheter leurs actions après ces nouvelles annonces ?

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TotalEnergies et Nvidia : faut-il acheter leurs actions après ces nouvelles annonces ?

Deux annonces ont retenu l’attention des investisseurs ce 28 septembre 2026. D’un côté, TotalEnergies promet davantage de dividendes tout en voulant réduire son endettement. De l’autre, NVIDIA vient d’ajouter 150 milliards de dollars à son programme de rachats d’actions, portant l’enveloppe restante à 235 milliards de dollars d’ici l’exercice 2028.

À première vue, le message est simple : les deux entreprises disposent de beaucoup de liquidités et souhaitent en restituer une partie à leurs actionnaires. Mais derrière ces annonces se cachent deux profils d’investissement radicalement différents.

TotalEnergies ressemble davantage à une entreprise de rendement et de génération de cash-flow. Nvidia est avant tout une entreprise de croissance, dont la valorisation dépend beaucoup plus des perspectives de l’intelligence artificielle.

La question n’est donc pas seulement « faut-il acheter ? », mais plutôt : quel risque accepte-t-on de prendre et quel type de rendement recherche-t-on ?

1. TotalEnergies : le retour en force d’une « major » transformée

Une entreprise née il y a plus d’un siècle

L’histoire de TotalEnergies remonte à 1924, avec la création de la Compagnie française des pétroles (CFP). L’objectif initial était de contribuer à l’indépendance énergétique de la France.

TotalEnergiesLe groupe s’est ensuite développé à l’international et a progressivement changé d’échelle. En 2000, Total fusionne avec Petrofina et Elf Aquitaine, une opération majeure dans la constitution du groupe actuel. Puis l’entreprise s’est diversifiée vers le gaz naturel liquéfié, l’électricité et les énergies renouvelables. En 2021, elle adopte le nom TotalEnergies pour refléter cette transformation.

Cette évolution est importante pour comprendre le dossier boursier actuel.

TotalEnergies n’est plus simplement une compagnie pétrolière. Elle reste très exposée aux hydrocarbures, mais elle cherche à construire un modèle intégré autour du pétrole, du gaz, du GNL, de l’électricité et des renouvelables.

Des résultats qui montrent une vraie résistance

L’année 2025 illustre assez bien cette caractéristique.

TotalEnergies a réalisé 15,6 milliards de dollars de résultat net ajusté et près de 28 milliards de dollars de cash-flow opérationnel, malgré une baisse de 15 % du prix du pétrole sur l’année. Sa production d’hydrocarbures a progressé d’environ 4 %.
Le deuxième trimestre 2026 a confirmé cette capacité à générer du cash dans un environnement de prix élevés : le groupe a dégagé 9,8 milliards de dollars de cash-flow et 6 milliards de dollars de résultat net ajusté sur le trimestre. Son ratio d’endettement était alors d’environ 13 %.
C’est précisément cette génération de trésorerie qui permet aujourd’hui de financer simultanément investissements, désendettement et rémunération des actionnaires.

2. Ce que change le nouveau plan stratégique

La nouvelle feuille de route de TotalEnergies est particulièrement intéressante pour les actionnaires.

Le groupe vise désormais :

  • une croissance de la production globale d’énergie de 4 % par an jusqu’en 2030 ;
  • puis une croissance de 2 à 3 % par an entre 2030 et 2035 ;
  • une hausse du dividende de plus de 5 % par an entre 2026 et 2030 ;
  • un ratio d’endettement inférieur à 10 % ;
  • au moins 40 % du cash-flow redistribué aux actionnaires. CCentralCharts+1

Le groupe prévoit parallèlement des investissements nets de 14 à 17 milliards de dollars par an entre 2027 et 2032.
Autrement dit, TotalEnergies veut continuer à investir lourdement tout en renforçant son bilan et en augmentant la rémunération de ses actionnaires.
C’est une équation intéressante.

3. Les arguments en faveur de TotalEnergies

Un dividende qui progresse

Le dividende 2025 a été fixé à 3,40 € par action, en hausse de 5,6 % sur un an.
La nouvelle politique prévoit désormais plus de 5 % de croissance annuelle du dividende jusqu’en 2030.
Pour un investisseur recherchant des revenus réguliers, c’est un élément important.

Un bilan qui devrait se renforcer

Le groupe vise un ratio d’endettement inférieur à 10 %, alors qu’il était encore autour de 13 % au deuxième trimestre 2026.

Un endettement plus faible signifie notamment davantage de résistance en cas de baisse du pétrole ou du gaz.

Une diversification réelle

Le groupe dispose de plusieurs sources de cash-flow : exploration-production, GNL, raffinage, distribution et électricité.

En 2025, par exemple, l’Exploration & Production a généré 15,6 milliards de dollars de cash-flow, le GNL 4,7 milliards, le raffinage et la distribution 6,2 milliards et l’électricité intégrée 2,6 milliards.

Cette diversification peut amortir les cycles du pétrole.

Une croissance de production encore importante

Le groupe ne mise donc pas uniquement sur la hausse des prix du pétrole. Il prévoit également d’augmenter ses volumes.

C’est un point essentiel : une entreprise énergétique peut améliorer son cash-flow soit grâce aux prix, soit grâce aux volumes, soit grâce à une meilleure efficacité.

TotalEnergies cherche à jouer sur les trois leviers.

4. Mais TotalEnergies n’est pas sans risques

Le premier risque est évident : le prix des hydrocarbures.
Même diversifié, TotalEnergies reste fortement dépendant du pétrole et du gaz. Lorsque les cours baissent, les bénéfices diminuent. Les résultats 2025 l’ont d’ailleurs montré : le résultat net ajusté a reculé de 15 % alors que le cash-flow ne baissait que de 7 %.

Deuxième risque : la transition énergétique.

Le groupe investit dans l’électricité et les renouvelables, mais cette transformation demande énormément de capitaux. TotalEnergies prévoit plusieurs dizaines de milliards de dollars d’investissements sur les prochaines années.

Troisième risque : le niveau du dividende.

Une hausse de 5 % par an est attractive, mais elle n’est pas magique. Elle doit être financée par la génération de trésorerie. Le groupe a lui-même expliqué en début d’année que le niveau de distribution de 2025 était élevé et que les rachats d’actions avaient notamment contribué à augmenter le levier financier.
Le nouvel objectif de dette sous 10 % constitue donc une partie importante de l’équation.

TotalEnergies : acheter ou attendre ?

Il n’existe pas de réponse universelle, car l’intérêt de l’action dépend notamment du prix payé, de l’horizon de placement et de l’objectif de l’investisseur.

Mais le dossier peut être lu ainsi :

Les arguments positifs :

  • dividende en croissance ;
  • forte génération de cash-flow ;
  • désendettement annoncé ;
  • diversification progressive vers l’électricité ;
  • croissance de production ;
  • politique claire de retour aux actionnaires.

Les points de vigilance :

  • forte sensibilité au pétrole et au gaz ;
  • investissements très importants ;
  • risques géopolitiques ;
  • incertitudes liées à la transition énergétique ;
  • dividende dépendant à terme de la génération de trésorerie.

Pour un investisseur qui recherche avant tout du rendement et une exposition à l’énergie, TotalEnergies présente donc un profil cohérent. La question déterminante reste toutefois le cours d’achat : une excellente entreprise peut constituer un mauvais investissement si elle est achetée trop cher.

5. Nvidia : d’une entreprise de cartes graphiques au cœur de l’IA

Le parcours de Nvidia est très différent.

L’entreprise est créée en 1993 par Jensen Huang, Chris Malachowsky et Curtis Priem. À l’origine, Nvidia parie sur l’importance future des processeurs graphiques pour les jeux vidéo et le multimédia.
Mais le véritable tournant arrive avec la capacité des GPU à effectuer massivement des calculs parallèles.
Cette technologie s’est révélée particulièrement adaptée à l’intelligence artificielle.
Nvidia n’est donc plus simplement un fabricant de cartes graphiques. Son activité actuelle repose largement sur une plateforme combinant GPU, interconnexions, systèmes, logiciels et outils de développement.

C’est cette combinaison qui constitue une partie essentielle de son avantage concurrentiel.

6. Une croissance spectaculaire portée par les data centers

Les chiffres les plus récents donnent une idée de l’ampleur du phénomène.

NvidiaAu deuxième trimestre de son exercice fiscal 2027, Nvidia a réalisé 96,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit une progression de 106 % sur un an.

Le chiffre d’affaires des data centers a atteint 89 milliards de dollars, en hausse de 117 %. La marge brute s’est élevée à 75 %.
Ces chiffres sont exceptionnels.

Ils montrent surtout que la demande ne concerne plus seulement quelques laboratoires spécialisés dans l’IA. Elle vient désormais des grands fournisseurs de cloud, des entreprises, des acteurs de l’IA et d’autres clients.
Mais cette réussite crée également un problème : les attentes deviennent extrêmement élevées.

7. Pourquoi le rachat de 150 milliards de dollars est important

Nvidia vient d’annoncer une augmentation de 150 milliards de dollars de son programme de rachats d’actions.

Le montant encore disponible atteint désormais 235 milliards de dollars, avec une exécution prévue jusqu’à l’exercice fiscal 2028.
Pourquoi une entreprise rachète-t-elle ses propres actions ?
Lorsqu’elle rachète des actions et les retire du marché, le nombre d’actions en circulation diminue.
Si les bénéfices restent constants, le bénéfice par action augmente mécaniquement.
C’est donc une manière de redistribuer du capital aux actionnaires.
Et Nvidia a les moyens de le faire.

Au deuxième trimestre fiscal 2027, Nvidia a consacré environ 20 milliards de dollars aux rachats d’actions et 6 milliards aux dividendes, soit environ 26 milliards de dollars rendus aux actionnaires sur le trimestre.

Le programme de 235 milliards de dollars est donc énorme, mais il doit être replacé dans le contexte d’une entreprise qui génère actuellement des montants de trésorerie considérables.

8. Les arguments en faveur de Nvidia

Une croissance exceptionnelle

Le chiffre d’affaires a plus que doublé sur un an au dernier trimestre.

La croissance des data centers est encore plus spectaculaire.

Des marges très élevées

Une marge brute de 75 % est considérable pour une entreprise technologique de cette taille.

Cela donne à Nvidia une capacité exceptionnelle à financer recherche, acquisitions, investissements et rachats d’actions.

Un écosystème difficile à reproduire

L’avantage de Nvidia ne se limite pas à ses puces.

L’entreprise dispose également d’un écosystème logiciel et matériel développé depuis de nombreuses années.

Cela peut rendre le remplacement de ses solutions plus difficile pour les clients.

Une tendance structurelle

L’intelligence artificielle nécessite énormément de puissance de calcul.

Si l’IA continue de se développer dans les centres de données, la demande en accélérateurs de calcul pourrait rester élevée pendant plusieurs années.

Le marché reste toutefois en évolution rapide : les clients cherchent également à améliorer l’efficacité énergétique et le coût des calculs.

9. Le revers de la médaille Nvidia

Le principal risque est probablement celui-ci : les attentes sont gigantesques.
Quand une entreprise connaît une croissance exceptionnelle, le marché finit généralement par intégrer une partie de cette croissance dans son cours.
L’investisseur n’achète donc pas seulement les bénéfices actuels de Nvidia. Il achète aussi une partie des bénéfices futurs attendus.
Une déception sur les ventes, les marges ou les perspectives peut donc avoir un effet important sur l’action.

Deuxième risque : la concentration.

Au deuxième trimestre fiscal 2027, un client direct représentait 16 % du chiffre d’affaires. Trois clients représentaient respectivement 16 %, 15 % et 13 % des ventes sur le premier semestre. SSEC

Troisième risque : la concurrence.

Nvidia doit continuer à investir massivement pour conserver son avance. Les grands clients du cloud développent également leurs propres accélérateurs et plusieurs concurrents cherchent à gagner des parts de marché.

Quatrième risque : la géopolitique.

Les restrictions américaines sur l’exportation des semi-conducteurs avancés vers certains marchés, notamment la Chine, constituent un risque majeur.
Nvidia indique elle-même que l’évolution des règles d’exportation pourrait limiter ses ventes et renforcer les concurrents capables de vendre des solutions moins contraintes.

10. Le rachat d’actions ne rend pas automatiquement Nvidia moins chère

C’est un point que l’on oublie parfois.

Un programme de rachat d’actions est positif pour l’actionnaire si l’entreprise rachète ses titres à un prix raisonnable par rapport à leur valeur économique.
Si une entreprise rachète massivement ses actions alors qu’elles sont très chères, une partie du capital peut être utilisée à un rendement médiocre.
Inversement, si elle rachète des actions alors que ses bénéfices futurs sont sous-estimés par le marché, l’opération peut être très créatrice de valeur par action.
Le montant de 235 milliards de dollars est donc impressionnant, mais ce n’est pas à lui seul un argument suffisant pour acheter Nvidia.

Nvidia : acheter ou attendre ?

Le dossier présente un profil très différent de TotalEnergies.

Les arguments positifs :

  • croissance exceptionnelle du chiffre d’affaires ;
  • position centrale dans l’infrastructure de l’IA ;
  • marges très élevées ;
  • forte génération de trésorerie ;
  • programme massif de rachats d’actions ;
  • écosystème matériel et logiciel développé.

Les risques :

  • attentes extrêmement élevées ;
  • forte concentration dans les data centers ;
  • concurrence croissante ;
  • dépendance à quelques grands clients ;
  • restrictions américaines sur les exportations ;
  • dépendance à une chaîne d’approvisionnement complexe ;
  • risque que les investissements dans l’IA des clients ralentissent ou produisent un rendement inférieur à leurs attentes.

Nvidia peut donc offrir une exposition particulièrement directe à la croissance de l’IA, mais avec une volatilité et un risque de déception potentiellement supérieurs à ceux d’un groupe énergétique mature.

11. TotalEnergies ou Nvidia : deux façons très différentes d’investir

Il serait finalement trompeur de demander laquelle des deux entreprises est « la meilleure ».

Elles correspondent à deux thèses d’investissement très différentes.

TotalEnergies Nvidia
Secteur Énergie Semi-conducteurs / IA
Profil Mature et cyclique Croissance rapide
Moteur principal Prix + volumes + diversification Déploiement de l’IA
Rémunération Dividende + rachats Rachats + dividende
Croissance attendue Modérée Très élevée, mais incertaine
Risque principal Prix du pétrole/gaz Valorisation, concurrence et ralentissement de l’IA
Endettement En réduction Gestion d’un bilan solide, avec émission de dette récente
Sensibilité géopolitique Élevée Élevée
Horizon logique Rendement / long terme Croissance / long terme

Alors, faut-il acheter ces actions ?

La réponse dépend finalement moins des annonces du jour que de ce que l’on paie aujourd’hui pour les bénéfices futurs.

Pour TotalEnergies, la nouvelle stratégie renforce une thèse fondée sur le cash-flow, le dividende et le désendettement. Le groupe vise plus de 5 % de croissance annuelle du dividende jusqu’en 2030 tout en ramenant son endettement sous 10 %.

Pour Nvidia, le rachat de 150 milliards de dollars supplémentaires confirme surtout la puissance financière du groupe et la confiance affichée par sa direction dans la poursuite de l’expansion de l’IA. Mais cette opération ne supprime ni le risque concurrentiel, ni le risque géopolitique, ni surtout le risque lié aux attentes déjà intégrées dans la valorisation.

En résumé :

  • TotalEnergies s’adresse davantage à l’investisseur qui privilégie les revenus, le dividende, le cash-flow et une entreprise mature mais encore en croissance.
  • Nvidia correspond davantage à une thèse de croissance fondée sur la poursuite du boom de l’intelligence artificielle, avec des perspectives potentiellement beaucoup plus dynamiques mais également davantage dépendantes des attentes du marché.
  • Dans les deux cas, la qualité de l’entreprise ne suffit pas à déterminer si l’action est intéressante : le prix payé reste déterminant.

C’est probablement le point le plus important à retenir. Acheter une excellente entreprise n’est pas nécessairement acheter une excellente action au prix du jour. L’investisseur doit mettre en regard le cours, les bénéfices attendus, le cash-flow et les risques avant de prendre sa décision.

Cet article est une analyse générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Une décision d’achat devrait notamment tenir compte de l’horizon de placement, de la diversification du portefeuille, de la fiscalité et de la tolérance au risque de chaque investisseur.